Sans être des stars, certains joueurs ont pourtant marqué l’histoire de leur club de par leur longévité au plus haut niveau, et leur fidélité à un seul maillot. Jean-Marc Pilorget fait partie de ceux-là, lui qui détient toujours en 2013 le record de matchs disputés avec le PSG.
Enfant du pays (il est né à Paris), il rejoint le club de la Capitale à l’été 1975, dans un premier temps en signant un contrat jeune. Cette même année est inauguré le centre de formation des « Rouge & Bleu » au Camp des Loges, sous la direction de Pierre Alonzo. Alors tout juste âgé de 17 ans, il fait ses débuts avec l’équipe première en D1 le 21 décembre 1975 contre le Stade de Reims, lancé par une des légendes du football français, le prolifique Just Fontaine. Défenseur central, il joue 14 matchs de D1 cette saison-là, ainsi que 7 rencontres de Coupe de France. Un exploit étant donné l’âge du joueur.
La saison suivante, Pilorget joue régulièrement. Même s’il dispute la quasi intégralité des matchs de championnat, l’équipe de Vasovic, elle, végète en milieu de classement de D1. Elle termine à une modeste 9ème place. L’entraîneur quitte même le club juste avant la fin de l’exercice, pour laisser son poste à Pantelic et Alonzo.
Pilorget rejoint durant l’été 1977 l’équipe de France Espoirs pour le tournoi de Toulon, aux côtés de ses coéquipiers Justier, Renaut et Brisson. Les Bleuets remportent haut la main le tournoi, le premier pour l’équipe de France dans cette catégorie d’âge.
Pour la saison 77-78, le PSG fait signer de grands noms du championnat de France, tels que Bianchi et Larqué. Le premier en tant que buteur, le second comme entraîneur. Mais si le premier remplira son rôle à merveille, le second aura finalement la double casquette d’entraîneur-joueur, conséquence d’un transfert capoté à la dernière minute. Pilorget devient déjà, quant à lui, un pilier de la formation francilienne. Il marque d’ailleurs durant cette saison ses 2 premiers buts en pro… toutefois bien loin derrière l’attaquant argentin et ses 37 buts ! Durant cette saison éclate par ailleurs un scandale. Le président Daniel Hechter est accusé d’avoir mis en place un système de double billetterie. Il est alors destitué par la Ligue, et remplacé par le vice-président Francis Borelli.
En 1978, Bathenay et Baratelli arrivent au club, dans un PSG qui se veut de plus en plus ambitieux. Mais les résultats sont toujours aussi moyens, et Pierre Alonzo, qui avait fait sont retour sur le banc parisien, est de nouveau démissionnaire en milieu de saison. Pilorget est alors toujours aussi indispensable à la défense centrale, mais ne peut empêcher son club de terminer 13ème en D1, son plus mauvais classement depuis 3 saisons.
Les saisons se suivent et se ressemblent pour Jean-Marc Pilorget et le PSG. Même si les deux exercices suivants se terminent mieux pour les Parisiens, ils ne gagnent pas de titre. En mai 1981, sa régularité lui vaut tout de même d’être convoqué pour la première fois chez les Bleus, sans pour autant disputer la rencontre contre le Brésil.
Le premier titre des joueurs du président Borelli arrive le 15 mai 1982. Le club de la Capitale remporte alors la Coupe de France face à l’AS Saint-Etienne des Platini et Rep, au terme d’une rencontre héroïque et historique. L’exercice suivant marque les débuts de Pilorget et de ses coéquipiers en Coupe d’Europe, durant laquelle ils atteignent les ¼ de finale. Le défenseur parisien marque d’ailleurs son premier but européen lors du match aller. Les « Rouge et Bleu » parviennent également à garder leur titre en Coupe de France, en battant en finale le FC Nantes.
Alors que la saison 1983-84 s’annonce comme celle de la consécration pour Pilorget, qui est convoqué pour un stage de préparation à l’Euro 84 avec les Bleus, il est victime d’un grave accident de la route, durant lequel il se brise le col du fémur. Il ne rejouera pas au football avant 18 mois !
Il ne retrouve les terrains qu’en 1985, sous les ordres de Gérard Houllier. Il est d’ailleurs le Parisien qui dispute le plus de rencontres cette saison, 47 toutes compétitions confondues. Alors que Fernandez est devenu le capitaine d’une talentueuse formation francilienne, Pilorget et les siens deviennent pour la première fois de l’histoire du club champions de France, dix ans après l’arrivée du défenseur dans la Capitale.
En fin de saison, Fernandez quitte le club, et Pilorget est alors propulsé capitaine d’une équipe qui s’apprête à disputer la première Coupe d’Europe des Clubs champions de son histoire. Le club effectue des parcours moyens, en D1 comme en Europe, ce qui pousse les dirigeants à prêter Pilorget à l’AS Cannes la saison suivante. Il revient dans son club de cœur en 1988 pour sa toute dernière saison sous le maillot parisien. En fin d’exercice, il part par la grande porte, en aidant le club à terminer à la 2ème place en D1.
Il s’engage en 1989 à Guingamp, à l’échelon inférieur, pour son ultime saison en tant que joueur professionnel. En 1990, jusqu’en 1992, il prend une licence amateur à Saint-Raphaël, avant de raccrocher définitivement les crampons, et d’entamer une carrière d’entraîneur.
Après avoir coaché pendant une vingtaine d’années des équipes telles qu’Endoume, Fréjus, Viry-Châtillon, le Paris FC, ou Romorantin, il entame cette saison son troisième exercice en tant qu’entraîneur de l’AS Cannes en CFA, équipe dans laquelle il avait joué en 1987-88.
Palmarès en tant que joueur :
Avec le PSG:
⓺ Champion de France D1 en 1986
⓺ Vainqueur de la Coupe de France en 1982 et 1983
⓺ Finaliste de la Coupe de France 1985
⓺ Vice-champion de France D1 en 1989
⓺ Recordman du nombre de matchs disputés (435)
En Sélection:
⓺ International Juniors, Espoirs, Olympique, Militaire et A' (France)
Palmarès en tant qu’entraîneur:
Avec le Paris FC:
⓺ Champion de France de CFA en 2006
Bien que jamais considéré comme un joueur « vedette » du PSG, Jean-Marc Pilorget fait tout de même partie de la légende du club, lui qui a disputé 435 rencontres officielles sous les couleurs parisiennes, record du club.